06 décembre 2007
Il n'y a pas d'amour heureux
Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n'y a pas d'amour heureux
Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes
Il n'y a pas d'amour heureux
Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
Il n'y a pas d'amour heureux
Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare
Il n'y a pas d'amour heureux
Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs
Il n'y a pas d'amour heureux
Mais c'est notre amour à tous les deux
Louis Aragon (La Diane Francaise, Seghers 1946)
01 décembre 2007
cheer up! (bis)
Mon dernier message ayant mystérieusement et malencontreusement disparu dans les oubliettes webesques, j'ai décidé de lui offrir une seconde naissance.
Je savoure l'instant présent, l'un de ces précieux moments de calme avant la tempête où l'on est confiant en l'aube qui s'annonce; dans l'ignorance bénie de ce qui va sortir pour nous de la Marmite cosmique, délicieusement inconscient du fumet étrange s'élevant du chaudron bouillonnant du Dagda, spécialement rempli à notre intention.
Un de ces moments aussi où l'on peut jongler avec les temps, doubler Chronos et les trois soeurs sur le fil de leur écheveau, où l'on se dresse, tout-puissant, avec le courage et la joie pour seules armes...
Il y a bien sûr des choses qui ne vont pas: elles étaient là hier, soigneusement tapies dans l'ombre du tiroir, elles y sont toujours. Mais aujourd'hui j'ai envie de croire qu'en fermant à-demi l'oeil, je ne les vois pas. Envie de voir le verre à moitié-plein. Au menu de ce remontage de moral matutinal:
- un homme qui m'aime et que j'aime
- un petit bonhomme plein de vie, heureux et en bonne santé
- une bonne soirée hier passée à délirer et à philosopher avec un ami
- un corps qui retrouve de plus en plus ses formes d'avant
- j'ai pu avancer dans mes études, du coup aujourd'hui je peux m'offrir le luxe de rejoindre avec délices la prose de Jane Austen
- Une soirée en amoureux en perspective (juste à deux!^^)
- J'arrive à pouvoir refermer des parenthèses autour de l'"ici et maintenant", pour souffler et profiter du jour présent
- J'ai réussi à charger de la musique dans mon téléphone (au programme: Dead Can Dance, Die Verbannten , et Queen)
Seize the Day
Seize the Day today
Caus' the same flower that smiles today
Tommorrow will be dying
-
18 novembre 2007
Transfer Successfully completed

Juste un petit interlude pour signifier à ceux et/ou celles qui me liront que le rapatriement des textes de mes précédents blogs est terminé.
Tous les petits passagers se portent bien et se plaisent dans leur nouveau nid
17 novembre 2007
Matrice de Rêves

Par une matinée mêlée de nuées
Où erraient les Feuilles de Lune
Souffla amoureusement la Mère
Au bord de ces paupières.
Etirant ses longues plumes
Encore humides de brume
Elle reçut la Conscience
De celles qui furent Une avant elle
De son nid de vertes chimères
Elle parcourait l'Orbe incolore
Effleurant des vies abstraites
D'un soupçon d'esjidren
Ainsi naquit Celle du vent
Fée éphémère au parfum de vos tourments
Oiseau de proie sur les runes dansant
Baiser Funeste
Par un zenith mêlé de mystères,
Où s'enchevêtraient les salamandres,
Souffla passionnément la Mère,
Dans l'ombre de ce sein.
Regard mercuriel incendiant l' Aurore,
Elle s'éleva dans la sagesse du Mordor,
Transe de flammes à elle-même inavouée,
Jouet de lames en elle-même parée.
De sa vasque sulfureuse, emplie de promesses
Elle parcourait l'orbe incolore,
Remplacant chez ces êtres défaits,
Le gout de poussière par celui du sang.
Ainsi naquit Celle du Feu.
Oiseau d'Erfin aux ailes d'incendie,
Fleuve de désir au parfum de meurtre...
Au coeur de l'Onde
Par une ondée ponctuée d' hélianthèmes,
Où s'entremêlaient les gouttes d'Opale,
Souffla vaporeusementement la Mère,
Sur ces lèvres, étoilées de rosée.
Brisant d'un inspir la Glace,
Qu'elle pérennisait, infondée
Elle se fit torrent, puis racines de verre,
Aux premières lueurs de jade.
De sa berge aux franges d'oxymore,
Elle parcourait l'orbe incolore,
Offrant ses larmes aux coeurs de serre,
Comme autant de folles épeires.
Ainsi naquit Celle de l'Eau,
Oiseau d'acier aux contours envolés
Chantant vos vies, au coeur de La Trame...
Et la Sève coulait dans ses veines
Par une matinée nimbée d'Ambre,
Inspira profondément la Mère
Au plus fort de son sang
Ses longues feuilles bruissant sans cesse au vent,
Elle se souvint enfin à présent
Comme seul l'enfant connait les secrets abjurés
Qu'en Elle murmurait la force des Ans Verts
De son tertre de limpide bruyère
Elle laissait filer le monde
Palpitant à travers les coeurs offerts
Résistant aux marées adverses
Ainsi naquit Celle de la Terre
Oiseau de sève au manteau d émeraude
Inariarj ten à jamais dévoilée
Vice and Vertue
"Tu m'as parlé de vice dans ta lettre d'hier,
Le vice n'entre pas dans les amours sublimes,
Il n'est pas plus qu'un grain de sable dans la mer,
Un seul grain descendnt dans les glauques abîmes.
Nous pouvons faire agir l'imagination,
Faire danser nos sens sur les débris du monde,
Nous énerver jusqu'à l'exaspération,
Ou vautrer nos deux corps dans une fange immonde.
Et liés l'un à l'autre en une étreinte unique,
Nous pouvons défier la mort et son destin,
Quand nos dents claqueront en claquement panique,
Nous pourrons appeler soir ce que l'on dit matin.
Tu peux déifier ma volonté sauvage,
Je peux me prosterner comme vers un autel,
Devant ta croupe qu'ensanglantera ma rage,
Nos amours resteront pures comme un beau ciel.
Qu'importe qu'essoufflés, muets, bouches ouvertes,
Ainsi que deux canons tombés de leur affût,
Brisés de trop s'aimer nos corps restent inertes,
Notre amour restera bien toujours ce qu'il fût.
Ennoblissons mon coeur l'imagination,
La pauvre humanité bien souvent n'en a guère,
Le vice en tout celà n'est qu'une illusion,
Qui ne trompe jamais que les âmes vulgaires. "
Guillaume APPOLINAIRE
(poèmes à Lou,3 février 1915)
Daffodils
I wandered lonely as a cloud,
That floats o'er vales and hills,
When all at once I saw a crowd,
A host of golden Daffodils
Beside the lake, beneath the trees,
Fluttering and dancing in the breeze.
Continuous as the stars that shine
And twinkle on the Milky way,
They stretched in never-ending line
Along the margin of a bay:
Then thousand saw I at a glance,
Tossing their heads in sprightly dance.
The waves beside them danced; but they
Outdid the sparkling waves in glee;
A poet could not but be gay
In such a jocund company.
I gazed-and gazed- but little thought
What wealth on me the show had brought:
For oft, when on my couch I lie
In vacant, or in pensive mood,
They flash upon that inward eye
Which is the bliss of solitude;
And then my heart with pleasure fills,
And dances with the daffodils.
03 novembre 2007
Despair

Je suis morte de trouille, à en crever.
Je sais bien qu'en parler ici ne changera rien à mon problème, mais ça me fait du bien.
D'évacuer ce trop-plein, de relâcher la pression un peu...
Je passe un concours en mars, et j'ai commencé activement mes révisions depuis novembre, puisque jusque-là, je ne savais pas quoi faire de ma vie.
Alors bien sûr, je suis hyper motivée, et j'investis à fond chaque minute de libre que j'arrive à grappiller sur mon emploi du temps de maman-salariée à temps plein-compagne( -et femme tout simplement de temps à autre); culpabilisant à mort dès que je prends du temps pour moi parceque j'aurais pu l'investir dans des révisions supplémentaires... (Ratatrouille, ta gueule!)
En plus, je sens bien que je n'ai pas le niveau nécéssaire, que j'aurais besoin d'un stage intensif, de pouvoir parler et écrire régulièrement dans cette langue chère à mon coeur, et que à cause des obligations citées plus haut, je ne peux pas
(Là, le Ratakoibon se lèche les babines...)
Je hais viscéralement mon travail, mais je n'ai pas le choix, il faut bien ramener des sous à la maison pour manger et payer la nounou. Souvent, je rêve de pouvoir planter tous ces cons à mon boulot, laisser titi chez la nounou et pouvoir disposer de tout le temps que je veux pour étudier...
Rêver n'apporte pas de solution concrète, mais ça fait du bien quand même!
Et pourtant, malgré toute cette désespérance, je m'accroche.
Je tiens bon, persistant à mener mon frêle esquif dans cette tempête d'incertitude et de remises en question.
Parce que je n'ai pas le choix, il faut que je réussisse!
Et par ce que lorsque je suis plongée dans mes bouquins, mes traductions, et mes exercices de grammaire, je n'entends plus les petits rats.
Je n'entends plus rien, d'ailleurs.
Rien d'autre que le grattement de ma plume sur le papier et les grognements de mon petit chat...
Heureusement que tu es là, Titi.
C'est toi qui me donne la force de faire tout ça!
Pour qu'on aie une vie meilleure, un jour.






