17 novembre 2007
Matrice de Rêves

Par une matinée mêlée de nuées
Où erraient les Feuilles de Lune
Souffla amoureusement la Mère
Au bord de ces paupières.
Etirant ses longues plumes
Encore humides de brume
Elle reçut la Conscience
De celles qui furent Une avant elle
De son nid de vertes chimères
Elle parcourait l'Orbe incolore
Effleurant des vies abstraites
D'un soupçon d'esjidren
Ainsi naquit Celle du vent
Fée éphémère au parfum de vos tourments
Oiseau de proie sur les runes dansant
Baiser Funeste
Par un zenith mêlé de mystères,
Où s'enchevêtraient les salamandres,
Souffla passionnément la Mère,
Dans l'ombre de ce sein.
Regard mercuriel incendiant l' Aurore,
Elle s'éleva dans la sagesse du Mordor,
Transe de flammes à elle-même inavouée,
Jouet de lames en elle-même parée.
De sa vasque sulfureuse, emplie de promesses
Elle parcourait l'orbe incolore,
Remplacant chez ces êtres défaits,
Le gout de poussière par celui du sang.
Ainsi naquit Celle du Feu.
Oiseau d'Erfin aux ailes d'incendie,
Fleuve de désir au parfum de meurtre...
Au coeur de l'Onde
Par une ondée ponctuée d' hélianthèmes,
Où s'entremêlaient les gouttes d'Opale,
Souffla vaporeusementement la Mère,
Sur ces lèvres, étoilées de rosée.
Brisant d'un inspir la Glace,
Qu'elle pérennisait, infondée
Elle se fit torrent, puis racines de verre,
Aux premières lueurs de jade.
De sa berge aux franges d'oxymore,
Elle parcourait l'orbe incolore,
Offrant ses larmes aux coeurs de serre,
Comme autant de folles épeires.
Ainsi naquit Celle de l'Eau,
Oiseau d'acier aux contours envolés
Chantant vos vies, au coeur de La Trame...
Et la Sève coulait dans ses veines
Par une matinée nimbée d'Ambre,
Inspira profondément la Mère
Au plus fort de son sang
Ses longues feuilles bruissant sans cesse au vent,
Elle se souvint enfin à présent
Comme seul l'enfant connait les secrets abjurés
Qu'en Elle murmurait la force des Ans Verts
De son tertre de limpide bruyère
Elle laissait filer le monde
Palpitant à travers les coeurs offerts
Résistant aux marées adverses
Ainsi naquit Celle de la Terre
Oiseau de sève au manteau d émeraude
Inariarj ten à jamais dévoilée
18 juin 2007
Incantation
Femme-panthère aux parfums de délice!
Femme-feu enivrée dans ses vices!
Femme-déesse dont le corps est du désir le joyau,
Et de l'âme le fourreau!
Je t'entends résonner en mon sein
Et ressens tes flammèches lécher mon ventre
Comme autant de mains caressantes sur mon corps dansant...
Flamme-parole, répands toi enfin!
Romps mes barrages vains!
Je laisse le torrent de ta passion s'insuffler en moi,
Et ne réponds plus de rien!
Adwen, adwen, adrianan!
Malsech , malsach , adraw'd!
Bruchian sadwin entror mia nes,
En saviadas le sech'!
Vardu, vardu, alatsaïch!
Vardu , vardu, entsoïam!
En sloga veil te dramarniam
Dax, diotsamech!

17 juin 2006
Answalèn
A la lueur de mes anathèmes,
J'ai choisi l'essence pour emblème.
Au coeur de ce temple de chair
Je nourris un jardin d'ether.
Ayant un penchant naturel plus que prononcé pour l'Envol, je poursuis ma quête au fil de mes jours et de mes nuits, voyageant au coeur de mes visions, déposant mes rêves en offrandes à Ceux et à Celles qui m'ont précédée, qui me bercent dans Leurs bras, et abreuvent ma douce Asjdren de lumière pure et sacrée.
Mon corps est mon meilleur tremplin, il est mon ancre également à présent . Longtemps haï, longtemps rejeté est aujourd'hui devenu un allié, un miroir et une boussole. Il est l'arbre dont je suis la sève, la gondole de mes pensées et de ma passion, un amant fidèle et attentif depuis que je prends soin de lui.
Enfin réuni, mon être s'enracine dans la vie,
Sous des cieux d'étain ma voie argentée se poursuit.
Offrant du granit aux toiles de fumée,
Déposant humblement ma foi à Leurs pieds,
Pour me lier au filin,
De nos voilures communes...
30 juin 2005
incense
Elle s'élevait, en volutes
Comme une pluie d'essences...
Elle l'enveloppait dans son aura,
La faisant grandir, encore et encore
Jusqu'à fusionner avec le Grand Tout
De plus en plus fort, elle psalmodiait
Une litanie depuis des lustres oubliée.
La faisant s'élever jusqu'aux nues,
Dans un tourbillon de poussière d'or!
26 juin 2005
Orages
Tonnerre d'enfer au creux de mes abysses
Voile de lumière, à la faveur d'une éclipse
Transcende mon âme
Percluse de charmes!
Entre à nouveau en ta demeure
O, ma soeur!
Défais les chaînes de la douleur
Comme à la première heur'...
L'Ardwen t'attend,son cri résonne
Dans les parois de mon âme
Aux contours de Bryone
Dessinés par ces dames.
Tonne, Hurle, amant chéri!
Déchire ma nuit!
Et emporte avec toi
La joie de n'être plus que moi!
De fusionner en ton port,
Encor'...
24 juin 2005
Lorsque la Douleur est reine
Parce qu'il est aussi des jours aveugles
Ou les mots me manquent
Ou hurlant à la lune gelée,
J'implore qu'on m'enfante,
Une fois au moins...
Parceque me savant féconde
Telle une graine en dormance
Mon espoir, en rage se transmute
Et ma raison me quitte...
Je me dresse,telle une Furie absolue
Transcendant les murs d'orichalque
Et les prisons de verre
Quittant mon être,
Enfin...
Et parce qu'alors je suis partout
Invisible particule d'étreinte
Petite bulle d'absinthe
Courant d'air glacé dans votre nuque...
Je pleure sur la puissance
Et la magie du givre
Qui d'un éclat de cristal
M'a changée en oiseau de jais
Aux ailes d'incendie.
Jasdrian, en terre d'Annwn
Celle qui fit courir les cieux
Au bord de ses paupières d' opaline
Emmêlant ses longs cheveux
Au fils du temps
Errant sans trève
Au creux de vos rêves
Je suis une, au bord du précipice
Je suis deux, enfant- feu entre tous scindée
Je suis myriade; pluie d' étincelles
Océan de chimères
Voile de détresse
Ouverte sur votre splendeur
Voyez moi..







