Fleurs de Lumières

Fille du Temps. Fille du vent. Ma trame chemine hasardeusement tissant cà et là, quelques motifs issus de mon Chant.

22 septembre 2008

Cantare

Le piaf a reçu son premier cours de chant lyrique, et il est très content!!!

Je n'avais pas trop d'idées préconçues, alors j'étais venue avec deux partitions que j'aurais bien aimé pouvoir chanter un jour, beaucoup de bonne volonté, de l'espoir et les mains dans les poches de mon jean.

Une fois le chaton relégué à son papa j'ai pris ma charrette et suis allée voir la madame ayant pour tâche ardue de transformer un calimero plaintif en un ténor d'opéra (on peut toujours fantasmer...). Je me suis retrouvée avec deux spectatrices à jouer des lèvres et du larynx en faisant quelques vocalises, n'osant pas trop répliquer aux remarques de mon professeur, mais sentant bien que plus je parvenais à faire sortir des sons -pas trop moches d'ailleurs- de mon gosier, plus je me sentais bien, à l'aise, comme dans mon élément...

J'ai du lui paraître un peu sèche et étrange car comme à chaque fois que je me sens un peu confuse, je suis incapable de lancer plus d'une dizaine de monosyllabes et mes rares tirades ne soulignent pas vraiment la vivacité de mon esprit...
Pourtant elle fut gentille et patiente, me disant même que j'avais une belle voix de soprane, pure et claire. Ca m'a donné confiance en moi et envie de travailler d'avantage pour pouvoir l'aider à éclore...

Une fois rentrée chez moi, je me suis assise devant ce piano que j'aivais déserté depuis tant d'années et j'ai commencé à déchiffrer mes partitions de presbytère ("Ave Maria" de Gounod, et "Stabat Mater" de Pergolèse) et là, la magie s'est faite. Je me suis rendue compte que non seulement je n'avais pas tant perdu en maîtrise gestuelle et en vélocité, mais qu'un fil tendu d'émotions me liait à mon instrument, dont la trame s'épaississait à mesure que je jouais. Je parvenais enfin à me dire que non, je n'étais pas si nulle que cela, et que oui, il y avait bien un domaine dans lequel j'étais douée. Pas de quoi épater la galerie ni parader dans les salles de concert pour exalter mon ego, mais suffisamment pour me sentir à ma place, comme un i qui viendrait enfin de retrouver son point.

J'ai alors pris conscience que ce qui m'avait à ce point rendue malheureuse et indécise au cours de mes années d'errance était non pas que j'étais un être à part, une éternelle outcast, une handicapée de la vie sociale et professionnelle, mais juste une enfant qui avait oublié le chemin de la maison. Il m'a fallu toutes ces années d'expériences plus ou moins intenses et de remises en questions plus ou moins masochistes pour comprendre que parfois, la voie initiale est celle qui vous va comme un gant. pas la voie dans laquelle on vous colle sous prétextes de "c'est pour ton bien", mais celle à laquelle on rêve secrètement sur un nuage, celle à laquelle on n'ose pas croire...

Voilà, le deuxième effet chant vient de se produire, sans que je m'y attende le moins du monde.
J'aime jouer de la musique, et désormais, cela fera partie de ma vie.

piano2

Posté par adragail_answen à 14:10 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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