31 mai 2008
petite victoire perso
Aujourd'hui je suis heureuse et fière de moi!
Je me suis imposée auprès de ces abrutis incompétents de la Fnac et j'ai eu gain de cause.
Pour une fois , j'ai osé ne pas être d'accord et ne pas me laisser marcher sur les pieds, osé faire valoir mes droits, sans doute pour la première fois (si je l'ai fait avant, je ne m'en souviens pas).
Sans hurler, ni insulter personne; juste en restant sure de moi , campée sur mes positions.
Cette expérience m'a apporté deux réponses sur la vie:
- lorsque je pense que les gens ne vont pas m'écouter si j'ose élever la voix; qu'ils vont me rejeter si j'ose dire que je ne suis pas d'accord avec eux; eh bien la plupart du temps, je me plante. Alors j'ai envie d'essayer quand même, juste pour voir dans quelles proportions je suis dans l'erreur par rapport à cette conception personnelle
- Pour ce qui est de me faire entendre des autres, tout est question de conviction personnelle et de l'assurance avec laquelle j'énonce mon point de vue. Je n'irais pas jusqu'à dire que lorsqu'on est plein de confiance en soi on peut réussir à faire gober n'importe quoi à n'importe qui, mais c'est sûr que ça marche beaucoup mieux que quand je regarde mes pieds et bafouille lamentablement en piquant un fard... Et même quand on n'a pas toutes les réponses en main, où de plan très détaillé en tête, ça marche quand même...
Expérience convaincante, qui me donne confiance en moi
A réitérer...
28 mai 2008
Encore un soir sans.
Encore un soir passé à écouter ceux qui savent mieux que moi, qui auraient pris de meilleures décisions que moi si ils avaient été à ma place, celle qui n'aurait pas pu supporter ce que je supporte...
Et pourtant femme, tu en as supporté de bien pires que moi, je n'aurai pas toléré une seconde...
Chacun sa croix...
Et pourtant, curieusement, ce soir, seule dans la grande maison qui s'endort je me sens forte.
Moi qui ai encaissé beaucoup de douleur, qui ai endossé de bien lourds fardeaux et qui aujourd'hui s'est autorisée à souffler je me sens forte.
Oui, c'est vrai, ma vie ne vous est pas enviable et elle a ses failles.
Oui c'est vrai, parfois j'en pleure et je touche le fond, désabusée, Alice dépourvue de son miroir.
Et alors?
Ai-je demandé de la pitié? Non.
Ai-je demandé des jugements empreints de sollicitude bienveillante et d'avis non désirés mais quand même échappés de bouches qui ne savent se tenir? Non
Ma vie est ce qu'elle est. Les gens autour de moi sont ce qu'ils sont. Et j'avance, enarwen, intouchée.
Je ne permettrai plus la moindre remarque, le moindre reproche, le moindre sous-entendu impliquant que je suis lâche de choisir de maintenir des liens que vous auriez à ma place tranchés.
Vous n'êtes pas à ma place, alors ne pensez pas en tant que tel; abstenez vous. Si, si, je vous jure, parfois le silence est préférable et de beaucoup. J'aime le silence et vous me le gâchez avec vos voix pleines de mots.
Foutez-moi la paix!
Vos vies sont-elles à ce point parfaites pour que la mienne vous paraisse si moche? Lorsque nous échangeons des confidences ça et là, je ne prends pas la peine pour ma part de gratter la couche de vernis à peine sec recouvrant vos blessures les plus intimes... J'ai au moins le tact de ne pas insister parce que je sens que c'est douloureux, par respect.
Par politesse aussi.
Vous ennuyez-vous au point qu'il vous semble plus intéressant de vous abîmer dans mes problèmes plutôt que de chercher à ressentir le parfum d'une fleur ou le grain d'une écorce?
Je suis une, entière , et inaliénable.
Femme de Mystères et Femme de Vie.
Aujourd'hui c'est la paix qui m'intéresse.
M'en ferez-vous l'aumône?
Ou devrais- je combattre pour l'obtenir?
Je suis ce que je suis, et je n'en ai pas honte
Je suis celle que je suis, et je n'en ai plus honte!!!
26 mai 2008
A prendre ou à laisser
Hier j'ai appris une nouvelle, dont la teneur m'a donné envie de pleurer de désespoir et de me terrer au fond d'un trou; mais aussi d'espérer l'impensable: dans mon cas, une opération d'augmentation mammaire relève de la chirurgie réparatrice et non esthétique!!!
Pour le côté hyperdéprimant, cela ne fait que confirmer la sensation
que j'avais depuis l'adolescence d'être morphologiquement ratée,
inachevée, et poursuivie par un sentiment d'injustice, de décalage et
de soufrance intense par rapport à l'image type de la femme. Oui, bien
sûr, vous me direz que tous ces clichés, c'est des conneries, que
l'essence d'une femme ne se mesure pas à la taille de bonnets de ses
soutien-gorges. Que je dois être forte et au-dessus de celà...
Comme à mon habitude, dans ces cas-là, j'écouterai d'une oreille
distraite, jaugeant le bien-fondé de vos arguments à l'aune de ma force
intérieure; et je ne dirai rien; m'efforçant de croire en leur
véracité. Mais bizarrement, toutes les femmes m'ayant tenu ce discours
sont justement des femmes dont la poitrine est généreuse, ou tout du
moins respectable. Je conçois tout à fait que vous essayiez de vous
mettre à ma place; mais vous ne pouvez qu'essayer, justement. La
souffrance intérieure qui est là mienne depuis plus d'une dizaine
d'années vous sera toujours étrangère, dans le fond. Bien sûr, chacune
a ses problèmes, et vous trouverez une autre partie de mon corps que
vous préférez à la vôtre, vous vous dénigrerez dans l'espoir que je me
sente mieux, d'avantage quelque chose de valable... Et c'est tout à
votre honneur...
Oui mais voilà. Je me suis rendue compte que moi je n'ai rien. Même pas de quoi remplir les mains de mon homme! Moi qui remplissais un 85B ou un 90A sans rembourrage autrefois, je flotte allègrement dans mes 90A hyper-rembourrés. Je fais illusion, car lorsque je me promène dans la rue, personne ne sait que dans ces petites bosses à la place de mes seins il y a plus de mousse que de chair, mais moi je le sais. J'ai les seins tristes et vides, presque une poitrine de mec. De profil, l'arrondi de mes côtes dépasse la circonférence de mes seins. J'ai honte à en pleurer, de ce corps qui ne ressemble à rien. Je continue à porter mes prothèses en mousse parce que psychologiquement, même si je n'ai rien à soutenir, je me sens moins qu'une femme sans. Juste une personne dont le corps a oublié de grandir, une petite fille à la traîne... On m'avait dit, tu verras, quand tu deviendra femme, ça poussera! Sauf que ça n'a jamais poussé... Et, chose que je n'aurai jamais cru possible, ça a même diminué, suite à ma grossesse!
Le côté positif de cette nouvelle, c'est qu'enfin, ma souffrance morale est reconnue.
Enfin, un avis extérieur me confirmant que ce n'est "pas normal". Du
coup je me sens moins seule. Pas encore soutenue, mais au moins
comprise, et acceptée dans mon incomplétude. Pas encore aidée, mais
digne d'un regard empreint non pas de pitié, mais de compassion. Et ça
fait du bien...
L'autre côté positif, c'est que comme il s'agit de chirurgie dite
"réparatrice", il est peut-être éventuellement voire hypothétiquement
envisageable que la sécu m'en rembourse une partie; faisant passer dans
un futur lointain ce souhait de la catégorie "vaines chimères" à celles
des "loups blancs": rares mais existant. Difficile, long, coûteux, mais
pas impossible.
Un jour, peut-être n'aurai-je plus honte de me regarder nue dans un miroir, surtout de profil
Un jour, . . . peut-être . . .
21 mai 2008
Catalogue d'inventaires II/III -b
XI - DES SOUVENIRS LES PLUS ANCIENS EN RELATION AVEC :
- le voyage :voyage pour aller dans notre maison de vacances en Bretagne où nous attend notre grand-mère. Dans la voiture: mon père, mon frère S. et moi. Je dois avoir 6 ou 7 ans (après le trou noir). Ma mère ayant moins de vacances n'a pas pu nous accompagner cette fois-ci. Mon frère est plongé dans un énième exemplaire de "Strange" ou autre comic-book qu'il affectionne tandis que je lutte entre une envie de dormir et un mal au coeur tenace. L'on se rapproche de plus en plus de notre destination lorsqu'à travers les marais salants de Guérande mon père nous lance: "le premier qui voit le clocher a droit à un carré de chocolat!" . Alors on zieute, mon frère et moi... Au final, c'est mon père qui gagne, comme souvent, mais à force d'afficher ma mauvaise humeur (j'ai toujours détesté perdre), j'ai droit moi aussi à un petit quelque chose...
- la neige : une réunion scoute dans la forêt profonde du 91, en octobre-novembre (du temps où la neige tombait encore en hiver!). On s'était fait quelques bonnes batailles de boules de neiges.
- le feu : un bon feu de cheminée chez mes parents, comme il y en a souvent. J'ouvre les grilles pare-feu, et je m'amuse à lancer toutes sortes de petites choses pour voir si ça brûle bien (coquilles de pistaches, mouchoirs, miettes de pain...) avec une nette préférence pour le papier froissé. Je suis toujours émerveillée par la rapidité à laquelle les flammes le dévorent et dansent sous mes yeux, serpentines...
- une cave : mon plus vieux souvenir de cave correspond plutôt à un escalier de cave, toujours chez mes parents, et qui m'a longtemps foutu une peur bleue. J'ai beau me dépêcher de remonter les marches à toute berzingue, je sens toujours comme des mains surgir des marches de pierre pour m'aggripper les chevilles.
- un arbre mort : L'énorme arbre au centre de la forêt de Sénart où je joue à cache-cache avec qui veut bien
- le déménagement : Mon premier emménagement dans le studio partagé avec la Bête. Mes parents en vacances aux USA et pas prévenus. Je fais table rase de toute ma vie là-bas que je met dans des boîtes que la Bête transportera dans son kangoo jaune. Un simple mail informatif à mes parents une fois les boîtes parties. Un nettoyage tellement efficace que même des années après, on ne dirait jamais que j'ai habité cette chambre... Tristesse du vide et du manque de souvenirs concrets en y repensant...
- un pont ou une digue : Ce sera une jetée, à Batz-sur-Mer. A un moment où curieusement j'avais des camarades de jeux à la plage. Jour de grosses vagues, on s'accroche au gros anneau de la jetée et le but est de resté accroché malgré la vague passant par-dessus. J'ai pas mal mangé de sable ce jour là!^^
- le deuil : Le seul qui m'a toujours été pénible, celui de ma Grand-mère paternelle, ma danseuse au grand coeur. Je la porte toujours en moi, et cette absence-présence m'emplit et me vide le coeur en même temps
- le sang : Je m'ouvre les veines à treize ans avec un cutter . Je suis stupéfaite qu'il faille tailler aussi profond pour que le sang coule. La douleur aussi me surprend: à la TV, dans les films on parle toujours de la douleur psychologique, mais jamais de celle physique.
- les maisons étrangères : le moment le plus dur dans une maison étrangère pour moi a toujours été le matin. Ayant hérité des gènes de poule parentaux je suis toujours levée avant mes amis et je ne sais pas comment m'occuper. Je n'ose pas errer dans la maison sans y être invitée, et ne suis pas encore assez réveillée pour pouvoir bouquiner alors je reste là, comme un éléphant dans un magasin de porcelaine , immobile et aux aguets.
- la fièvre et le sommeil : Je suis allongée sur le lit de ma grand-mère , dans sa chambre et j'ai froid et chaud en même temps. Elle me pose des gants mouillés sur le front pour me rafraîchir pendant qu'elle chantonne doucement jusqu'à ce que le sommeil revienne.
Catalogue d'inventaires II/III -a
VIII - DES JEUX OUBLIES
- J'ai beaucoup joué avec des élastiques chafouins et une corde rose fluo
- Pigeon-vole avec ma grand-mère lors d'interminables parties
- faire des potions magiques ingoûtables (mais si, le produit vaisselle et la moutarde ça va très bien ensemble. Vous m'excuserez de ne pas en prendre, c'est pour vous en laisser d'avantage...)
- des boules et des personnages en pâte à marron râpée sur les murets en béton de l'école
IX - DES PROCES-VERBAUX D'HUISSIERS AVANT SCELLES
A part dans les séries TV, je n'y ai jamais assisté
X - DES OBJETS ET PAPIERS QUE VOUS PORTEZ SUR VOUS (POCHES ET SACS A MAIN)
- une bouteille d'eau d'1l (avant je prenais 1,5l, mais c'est un peu la galère pour trouver des sacs où ça rentre qui restent féminins
- mon portefeuille en cuir noir et souple, tout doux sous les doigts
- mon agenda rouge, au cas où j'écope d'un emploi du temps de ministre (on ne sait jamais... lol)
- mon stylo préféré: noir, à bille, avec un manche torsadé en bois teint en noir
- un livre en cours de découverte ou de re-découverte(en ce moment , c'est "Beloved" de Toni Morrison) avec un joli marktapaj assorti.
- un ou deux canifs à lame rétractable
- un paquet de mouchoirs
- mon portable aux couleurs de Samaïhn accompagné de son petit lutin gardien
- du baume à lèvres fait maison au bon goût de miel à l'orange
- mes lunettes de soleil, car les yeux du piti piaf n'aiment pas la lumière
- un petit miroir tout rond et tout brillant dans sa pochette rose fuschia
- un tube de crème pour les mains, un coupe-ongles et un coupe-envies
- un titre de transports ou des papiers de balai à moteur, c'est selon




