Fleurs de Lumières

Fille du Temps. Fille du vent. Ma trame chemine hasardeusement tissant cà et là, quelques motifs issus de mon Chant.

03 février 2008

freedom J- 15

Australia_day_lily_by_Diin_kun

Le temps passe, et va enfin      suspendre son vol pour moi.

Je vais enfin pouvoir n'être qu'une chose à la fois (enfin 4: étudiante, maman, compagne et femme) dans le sens où je n'aurai plus à me taper un boulot qui me vampirise depuis 3 ans aussi bien ma vie, mon temps libre, mon énergie, mon estime de moi,.... (j'en passe et des meilleures!)

Oui, bien sûr me direz-vous, cal aurait pu être pire, parce que j'aimais -et j'aime toujours- passionnément les livres, mais pour être honnête avec vous, ça a quelque chose de frustrant de vivre en permanence à leur contact lorsqu'on les aime, ne serait-ce que par ce qu'on n'a pas encore trouvé comment démultiplier les yeux et le cerveau.

A force de voir tant de titres "qui pourraient être intéressant", et qui nous donne envie de les mettre de côté "pour quand on aura le temps", on finit par ce retrouver cernée par des piles d'ouvrages qu'on doit à grand regrets remettre en place par ce que ce temps, on ne le trouve jamais.

Et il n'est pas dans mes habitudes de commencer une dizaine de volumes en même temps. En amour comme en lecture (ce qui au fond revient un peu au même), je suis fidèle. J'adore jouir du plaisir des mots, déflorer la première page d'un livre neuf me donne toujours une petite poussée d'adrénaline! Viennent les premières pages, où l'on se demande encore si le choix était le bon, si l'on pourra tisser une relation complice avec l'imaginaire de l'auteur; pages où l'on s'accroche, parceque toute porte sur la psyché d'autrui n'est pas d' emblée facile à trouver, ni à déverrouiller. Parfois cela casse, parfois le déclic vient plus tard, au fil des feuilles. Mais lorsque l'alchimie tant attendue s'opère au sein du creuset , c'est une histoire charnelle et déchirante qui voit le jour, emplie d'obsession  voire d' addiction pour connaitre la suite; de jalousie féroce envers tout ce qui peut me détourner de l'objet du délit, de frustration et de rage intenses lorsque je dois tourner la dernière page...  Il n'y pas de doute, je suis devenue book-addicted, et je ne m'en repens même pas, au contraire. Je savoure l'excitation que me procure mon vice avec délices!

De même lors de la première fois où je pose mon stylo sur une étude critique pour souligner un passage ou ajouter une note: il y a ce parfum d'interdit, où je regarde par dessus mon épaule pour être sûre que personne ne va me gronder, puis se déverse l'encre sur la page en même temps que l'extase d'un délit d'initié se distille dans mes veines. Par ces quelsues traits, ces quelques lignes, le livre est mien, ad vitam. Dans ces moments, je me sens comme un soldat avec une prise de guerre, c'est terriblement masculin!!!

On dit souvent que "ceux qui passent leur temps le nez fourré dans les livres" sont des gens inintéressants parcequ'ils ne sont pas en prise directe avec les responsabilités, le matériel. Ils ont toujours cet air éternellement aliéné des contingences du monde réel, détachement les rendant inaccessibles et fortement hostiles à tout type d'approche, partagé d'ailleurs par ceux qui vivent à travers leurs musique.

Offre-vous seulemnt une incursion dans notre monde, brave gens, et vous n'en  reviendrez pas! Notre toile intérieure comporte tellement de ramification que le petit Poucet n'aurait pas assez de miettes pour s'y retrouver. Basculer dans l'imaginaire d'un lecteur, c'est comme ouvrir une porte sur l'Astral: c'est un allez-simple vers le plus intime de l'être, vers son essence intrinsèque.

C'est pour cela qu'en raison de mon état, je parle peu. Moitié par peur que les images de mon vécu et de mon ressenti intérieur se brisent, comme autant d'oiseaux de cristal une fois la porte de leur cage ouverte. Peur de ne pas pouvoir réussir à transcrire ce qui précisément le rend unique et de lire l'incompréhension voire pire le rejet dans les yeux des autres susceptibles de me lire. Car en effet, lorsque je suis rejetée en tant s'être humain (ce qui arrive parfois, on ne peut pas plaire à tout le monde) j'arrive plus ou moins à m'en accommoder, car cela ne tient qu'à ma personne. Mais lorsque mes tentatives d'écriture (poèmes principalement) sont rejetées, la douleur m'est insupportable dans ce qu'elle a d'absolu. Je me sens annihilée purement et simplement.

Bref, tout ça pour dire qu'à présent je vais enfin avoir l'immense privilège  de me consacrer à un livre à la fois , de choisir ce qui pourrait éventuellement étancher la soif  de mes neurones exsangues.
Ca a quelque chose d'épuisant de devoir toujours penser à 36000 trucs en même temps.

L'autre avantage de ce repos bien mérité, est que je sens mes racines à nouveau  en contact avec la Terre-mère, et mes antennes se redéployer, comme au  sortir d'un long sommeil: encore froissées, mais prenant vite de la vigueur en se séchant au soleil.  J'ai enfin à nouveau le droit d'être moi, sans censure. Enfin le droit  de ne rentrer dans aucune case ou de définir la mienne.

Mon premier acte de liberté a été de planter des semences dans ma toute nouvelle jardinière les feuilles, pour regarder pousser ma vie nouvelle en même temps que les feuilles. J'ai à nouveau envie de cuisiner, étrangement. Envie de reprendre ma vie en main et cette fois de bien la mener, sur la voie que j'aurai choisie!

Posté par adragail_answen à 10:28 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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