04 juillet 2008
A prendre ou à laisser - suite
Ce matin, visite avec le médecin-conseil de la sécu pour savoir si mon augmentation mammaire pourrait éventuellement être prise en charge partiellement par la sécu.
Déjà la veille, j'ai passé toute la soirée à essayer de remettre la main sur ma foutue convocation que ma mère m'a retrouvée l'air de rien au petit matin.
je roule pendant trois plombes en me tapant tous les feux rouges ou presque mais je finis par arriver à destination et -oh miracle- je trouve une place de parking libre juste à côté (pas payée, mais pas contrôlée!^^)
Le médecin me reçoit avec un quart d'heure de retard pendant lequel j'ai eu toutes les peines du monde à empêcher Titi de redécorer le bureau de la secrétaire à sa manière. On rentre, et mon petit bonhomme régurgite sur son mouton en se mettant à couiner par ce que je le remet dans sa poussette.
Je m'assied et commence à exposer mon cas au toubib, très gentil et compréhensif. Je reste un peu sur mes gardes par peur de la question-piège. On cause allaitement, rembourrage, prothèses. Je me sens plus dans l'ambiance d'une séance de psy compatissant que de marchandage.
Je déballe le paquet cadeau soigneusement rangé dans son emballage trop grand. Il tâte, discute et son verdict tombe: "ah oui, quand même"
"ah oui, là, en effet..."
Je me rhabille et il signe l'accord pour une prise en charge. Ca y est, c'est accepté!
Je pensais que j'aurais eu à me bagarrer un peu plus, mais non. Mes seins ont parlé d'eux-même.
Je me rhabille, on parle prothèses, chirurgiens, et je me rends compte que celui que je suis allée voir est vachement cher et que je ferais bien de creuser un peu le terrain pour voir si je peux trouver plus abordable.
Je ressort, sourire aux lèvres, mais pas débordant. Et pour cause: j'ai absolument pas les sous pour payer l'opération et même en priant très fort la Déesse et tous les saints du monde, mes parents n'accepteront jamais de lâcher 2500 euros pour me la financer. Donc j'essaie de savourer une victoire à long terme, même si elle persiste à avoir un léger goût amer de billets de banque manquants.
Au moins, je n'ai plus rien à prouver maintenant puisqu'un médecin a constaté l'étendue du problème et jugé en son âme et conscience qu'il s'agissait de chirurgie réparatrice. Enfin ma souffrance est reconnue sur le plan médical.
Reste à jouer au loto ou à se transformer en fourmi.
Ou un peu des deux
N.B. : C'était bien la première fois que j'étais heureuse qu'un homme me qualifie de planche à pain!!!
02 juillet 2008
Pas un radis pour le piaf
Tout est dit dans le titre!
En ce moment, et pour l'année à venir, le piaf n'aura pas un radis à part l'allocation du titi et c'est pas facile à gérer après avoir gagné sa vie, et surtout après avoir géré sa vie.
Redevenir dépendante des autres, rogner sur tout, ravaler son orgueil lorsque l'on vous tend la main (par ce que l'on sait que l'on ne pourra pas rendre la pareille), savoir accepter les cadeaux, savoir accepter le fait que l'on n'aie plus les moyens de faire des cadeaux...
Se sentir un peu chez soi, mais en même temps dépourvue de son univers.
Avoir pour objet le plus intime un ordinateur portable
Compter sur les doigts d'une main borgne les moments de complicité avec mes deux hommes, hors des regards de cette famille étendue.
Pester contre moi-même pour avoir fait des choix qui me semblaient justes sur le moment mais qui me rendent malheureuse lors de mes coups de blues; et sur le fait aussi que toute médaille a un revers, que rien n'est jamais facile, et que l'on doit traquer les moments de félicité et de plénitude comme autant de licornes blanches...
Attendre et ronger son frein...
Se forger un autre univers avec des valeurs et des critères différents
Oser se fondre dans le grand tout pour renaître à un soi nouveau...
Oser se découvrir
Pousser la porte...
30 juin 2008
Rencontre
Aujourd'hui j'ai participé à une rencontre d'amateurs de thé et j'ai pris autant de plaisir à découvrir de nouvelles personnalités qu'à faire de nouvelles expériences gustatives.
Moi qui jusqu'à il y a peu buvais toujours du thé vert à reculons, enivrée par l'odeur mais rebutée pas la saveur ai testé et grignoté différentes variétés (Long Jin, Sencha, Gyokuro entre autres) que non seulement j'ai apprécié mais qui m'ont donné envie d'expolrer plus avant le continent inconnu des thés "nature".
Sitôt rentrée à la maison qui était -exceptionnellement- vide de tout occupant je me suis empressée de me refaire un thermos de Gyokuro pour la soirée. Et, second effet kiss cool des plus innatendus, le thé vert combat mes gènes de marmotte!!! Découverte fort utile en prévision d'une année d'études nocturnes...

12 juin 2008
CATALOGUE D INVENTAIRES III/III (a)
XII- DES ACTES DELICTUEUX,SAUGRENUS OU FRANCHEMENT ABSURDES COMMIS EN SONGE
- Ce n'est pas franchement saugrenu, du moins pas pour moi. Souvent lorsque je rêve, je me vois m'élancer dans les airs et réussir à voler. Parfois, ça tient juste du maintien en apesanteur; mais en général, je me déplace comme si j'avais des ailes, piquant du nez, puis remontant en altitude; des fois je nage dans les airs.
La plupart du temps, c'est pour échapper à des gens (qui pour les plus collants essaient de m'agripper pour me faire redescendre). Voler me semble aussi naturel que respirer, et j'avoue avoir du mal à comprendre le visage déconfit de ceux qui m'observent quand je suis dans les airs.
- Pour le côté absurde, je mentionnerai un certain rêve où j'ai cherché des bouillons kub chez Tang pendant toute la nuit (et ça m'ennuyait vraiment de ne pas en trouver...)
- En délictueux, là, comme ça, je vois pas...
XIII- DES PERSONNES AGEES QUE JE CONNAIS
Au jourd'hui je n'en connais pas, alors je mettrai cette phrase au passé:
- Ma grand-mère paternelle que j'adorais , qui fut une pionnière du divorce et du string, tour à tour instit résistante et danseuse à l'opéra de Paris. Un caractère de chien comme le mien, mais un coeur en or, et toujours plein d'histoires à raconter. Elle m'a élevée jusqu'à ce que j'ai dix ans.
-Mes deux autres grands-parents: très gentils, attentionnés et généreux, mais dont je n'ai jamais réussi à me sentir proche. Sans doute était-ce du à leur caractère réservé, ou à moi qui n'osait pas sortir de ma grotte de timidité, je ne sais pas. Ils m'impressionnaient un peu.
XIV- DES ACTES ABSURDES DONT J AI PU ETRE TEMOIN
- Des gens qui me voient galérer avec une poussette dans des escaliers de métro étroits sans me proposer de l'aide...
- La méchanceté gratuite. Je suis peut-être fleur bleue, mais ça me sidère toujours autant.
- Un petit chat ayant copiné avec l'alligator mangeur de réveil (non, pas Galli, l'autre...rhooooo) capable d'être branché sur 220V même quand il a peu dormi et que la journée de la veille était franchement crevante (dans ces cas-là, je me sens vieille dans ma peau de 26 printemps)
- Les gens qui parlent sans écouter l'autre, voire en même temps que l'autre; l'impolitesse sous toutes ses formes.
XV- DES PETITS BIBELOTS, OBJETS ET AUTRES DONT J'AI LE SOUVENIR
- Un trésor de petite fille: un papillon en or et émail coloré, bombé et lourd auquel je tiens beaucoup et qui se trouve aujourd'hui dans un pochon de clan. En écrivant cela, je me rends compte que j'aimerais bien le récupérer en fait, vu que le clan n'existe plus...
- un nombre incalculable de sujets en plâtre recouvert d'une poudre scintillante bleue à l'ombre et rose au soleil. A chaque colo, je revenais avec un exemplaire.
-Mon ours en peluche, reçu pour mes trois ans et toujours de ce monde. Il me sert de doudou fétiche et est mon confident de choix lors de mes peines diverses ou de mes angoisses nocturnes. Encore aujourd'hui, et même lorsque mon homme dort à mes côtés, j'agrippe mon gros nounours...
XVI- LISTE DES CHOSES QU'ON POURRAIT AISEMENT PEINDRE COMME ARCHAÏQUES
- Un bonus pour les gens bien élevés et faisant preuve de correction
- Un certain goût pour la galanterie et les messieurs chevaleresques
- La confitures de pétales de roses et de violettes
- Un thé préparé dans les règles de l'Art
- Les schtroumpfs en guimauve
31 mai 2008
petite victoire perso
Aujourd'hui je suis heureuse et fière de moi!
Je me suis imposée auprès de ces abrutis incompétents de la Fnac et j'ai eu gain de cause.
Pour une fois , j'ai osé ne pas être d'accord et ne pas me laisser marcher sur les pieds, osé faire valoir mes droits, sans doute pour la première fois (si je l'ai fait avant, je ne m'en souviens pas).
Sans hurler, ni insulter personne; juste en restant sure de moi , campée sur mes positions.
Cette expérience m'a apporté deux réponses sur la vie:
- lorsque je pense que les gens ne vont pas m'écouter si j'ose élever la voix; qu'ils vont me rejeter si j'ose dire que je ne suis pas d'accord avec eux; eh bien la plupart du temps, je me plante. Alors j'ai envie d'essayer quand même, juste pour voir dans quelles proportions je suis dans l'erreur par rapport à cette conception personnelle
- Pour ce qui est de me faire entendre des autres, tout est question de conviction personnelle et de l'assurance avec laquelle j'énonce mon point de vue. Je n'irais pas jusqu'à dire que lorsqu'on est plein de confiance en soi on peut réussir à faire gober n'importe quoi à n'importe qui, mais c'est sûr que ça marche beaucoup mieux que quand je regarde mes pieds et bafouille lamentablement en piquant un fard... Et même quand on n'a pas toutes les réponses en main, où de plan très détaillé en tête, ça marche quand même...
Expérience convaincante, qui me donne confiance en moi
A réitérer...
28 mai 2008
Encore un soir sans.
Encore un soir passé à écouter ceux qui savent mieux que moi, qui auraient pris de meilleures décisions que moi si ils avaient été à ma place, celle qui n'aurait pas pu supporter ce que je supporte...
Et pourtant femme, tu en as supporté de bien pires que moi, je n'aurai pas toléré une seconde...
Chacun sa croix...
Et pourtant, curieusement, ce soir, seule dans la grande maison qui s'endort je me sens forte.
Moi qui ai encaissé beaucoup de douleur, qui ai endossé de bien lourds fardeaux et qui aujourd'hui s'est autorisée à souffler je me sens forte.
Oui, c'est vrai, ma vie ne vous est pas enviable et elle a ses failles.
Oui c'est vrai, parfois j'en pleure et je touche le fond, désabusée, Alice dépourvue de son miroir.
Et alors?
Ai-je demandé de la pitié? Non.
Ai-je demandé des jugements empreints de sollicitude bienveillante et d'avis non désirés mais quand même échappés de bouches qui ne savent se tenir? Non
Ma vie est ce qu'elle est. Les gens autour de moi sont ce qu'ils sont. Et j'avance, enarwen, intouchée.
Je ne permettrai plus la moindre remarque, le moindre reproche, le moindre sous-entendu impliquant que je suis lâche de choisir de maintenir des liens que vous auriez à ma place tranchés.
Vous n'êtes pas à ma place, alors ne pensez pas en tant que tel; abstenez vous. Si, si, je vous jure, parfois le silence est préférable et de beaucoup. J'aime le silence et vous me le gâchez avec vos voix pleines de mots.
Foutez-moi la paix!
Vos vies sont-elles à ce point parfaites pour que la mienne vous paraisse si moche? Lorsque nous échangeons des confidences ça et là, je ne prends pas la peine pour ma part de gratter la couche de vernis à peine sec recouvrant vos blessures les plus intimes... J'ai au moins le tact de ne pas insister parce que je sens que c'est douloureux, par respect.
Par politesse aussi.
Vous ennuyez-vous au point qu'il vous semble plus intéressant de vous abîmer dans mes problèmes plutôt que de chercher à ressentir le parfum d'une fleur ou le grain d'une écorce?
Je suis une, entière , et inaliénable.
Femme de Mystères et Femme de Vie.
Aujourd'hui c'est la paix qui m'intéresse.
M'en ferez-vous l'aumône?
Ou devrais- je combattre pour l'obtenir?
Je suis ce que je suis, et je n'en ai pas honte
Je suis celle que je suis, et je n'en ai plus honte!!!
26 mai 2008
A prendre ou à laisser
Hier j'ai appris une nouvelle, dont la teneur m'a donné envie de pleurer de désespoir et de me terrer au fond d'un trou; mais aussi d'espérer l'impensable: dans mon cas, une opération d'augmentation mammaire relève de la chirurgie réparatrice et non esthétique!!!
Pour le côté hyperdéprimant, cela ne fait que confirmer la sensation
que j'avais depuis l'adolescence d'être morphologiquement ratée,
inachevée, et poursuivie par un sentiment d'injustice, de décalage et
de soufrance intense par rapport à l'image type de la femme. Oui, bien
sûr, vous me direz que tous ces clichés, c'est des conneries, que
l'essence d'une femme ne se mesure pas à la taille de bonnets de ses
soutien-gorges. Que je dois être forte et au-dessus de celà...
Comme à mon habitude, dans ces cas-là, j'écouterai d'une oreille
distraite, jaugeant le bien-fondé de vos arguments à l'aune de ma force
intérieure; et je ne dirai rien; m'efforçant de croire en leur
véracité. Mais bizarrement, toutes les femmes m'ayant tenu ce discours
sont justement des femmes dont la poitrine est généreuse, ou tout du
moins respectable. Je conçois tout à fait que vous essayiez de vous
mettre à ma place; mais vous ne pouvez qu'essayer, justement. La
souffrance intérieure qui est là mienne depuis plus d'une dizaine
d'années vous sera toujours étrangère, dans le fond. Bien sûr, chacune
a ses problèmes, et vous trouverez une autre partie de mon corps que
vous préférez à la vôtre, vous vous dénigrerez dans l'espoir que je me
sente mieux, d'avantage quelque chose de valable... Et c'est tout à
votre honneur...
Oui mais voilà. Je me suis rendue compte que moi je n'ai rien. Même pas de quoi remplir les mains de mon homme! Moi qui remplissais un 85B ou un 90A sans rembourrage autrefois, je flotte allègrement dans mes 90A hyper-rembourrés. Je fais illusion, car lorsque je me promène dans la rue, personne ne sait que dans ces petites bosses à la place de mes seins il y a plus de mousse que de chair, mais moi je le sais. J'ai les seins tristes et vides, presque une poitrine de mec. De profil, l'arrondi de mes côtes dépasse la circonférence de mes seins. J'ai honte à en pleurer, de ce corps qui ne ressemble à rien. Je continue à porter mes prothèses en mousse parce que psychologiquement, même si je n'ai rien à soutenir, je me sens moins qu'une femme sans. Juste une personne dont le corps a oublié de grandir, une petite fille à la traîne... On m'avait dit, tu verras, quand tu deviendra femme, ça poussera! Sauf que ça n'a jamais poussé... Et, chose que je n'aurai jamais cru possible, ça a même diminué, suite à ma grossesse!
Le côté positif de cette nouvelle, c'est qu'enfin, ma souffrance morale est reconnue.
Enfin, un avis extérieur me confirmant que ce n'est "pas normal". Du
coup je me sens moins seule. Pas encore soutenue, mais au moins
comprise, et acceptée dans mon incomplétude. Pas encore aidée, mais
digne d'un regard empreint non pas de pitié, mais de compassion. Et ça
fait du bien...
L'autre côté positif, c'est que comme il s'agit de chirurgie dite
"réparatrice", il est peut-être éventuellement voire hypothétiquement
envisageable que la sécu m'en rembourse une partie; faisant passer dans
un futur lointain ce souhait de la catégorie "vaines chimères" à celles
des "loups blancs": rares mais existant. Difficile, long, coûteux, mais
pas impossible.
Un jour, peut-être n'aurai-je plus honte de me regarder nue dans un miroir, surtout de profil
Un jour, . . . peut-être . . .
21 mai 2008
Catalogue d'inventaires II/III -b
XI - DES SOUVENIRS LES PLUS ANCIENS EN RELATION AVEC :
- le voyage :voyage pour aller dans notre maison de vacances en Bretagne où nous attend notre grand-mère. Dans la voiture: mon père, mon frère S. et moi. Je dois avoir 6 ou 7 ans (après le trou noir). Ma mère ayant moins de vacances n'a pas pu nous accompagner cette fois-ci. Mon frère est plongé dans un énième exemplaire de "Strange" ou autre comic-book qu'il affectionne tandis que je lutte entre une envie de dormir et un mal au coeur tenace. L'on se rapproche de plus en plus de notre destination lorsqu'à travers les marais salants de Guérande mon père nous lance: "le premier qui voit le clocher a droit à un carré de chocolat!" . Alors on zieute, mon frère et moi... Au final, c'est mon père qui gagne, comme souvent, mais à force d'afficher ma mauvaise humeur (j'ai toujours détesté perdre), j'ai droit moi aussi à un petit quelque chose...
- la neige : une réunion scoute dans la forêt profonde du 91, en octobre-novembre (du temps où la neige tombait encore en hiver!). On s'était fait quelques bonnes batailles de boules de neiges.
- le feu : un bon feu de cheminée chez mes parents, comme il y en a souvent. J'ouvre les grilles pare-feu, et je m'amuse à lancer toutes sortes de petites choses pour voir si ça brûle bien (coquilles de pistaches, mouchoirs, miettes de pain...) avec une nette préférence pour le papier froissé. Je suis toujours émerveillée par la rapidité à laquelle les flammes le dévorent et dansent sous mes yeux, serpentines...
- une cave : mon plus vieux souvenir de cave correspond plutôt à un escalier de cave, toujours chez mes parents, et qui m'a longtemps foutu une peur bleue. J'ai beau me dépêcher de remonter les marches à toute berzingue, je sens toujours comme des mains surgir des marches de pierre pour m'aggripper les chevilles.
- un arbre mort : L'énorme arbre au centre de la forêt de Sénart où je joue à cache-cache avec qui veut bien
- le déménagement : Mon premier emménagement dans le studio partagé avec la Bête. Mes parents en vacances aux USA et pas prévenus. Je fais table rase de toute ma vie là-bas que je met dans des boîtes que la Bête transportera dans son kangoo jaune. Un simple mail informatif à mes parents une fois les boîtes parties. Un nettoyage tellement efficace que même des années après, on ne dirait jamais que j'ai habité cette chambre... Tristesse du vide et du manque de souvenirs concrets en y repensant...
- un pont ou une digue : Ce sera une jetée, à Batz-sur-Mer. A un moment où curieusement j'avais des camarades de jeux à la plage. Jour de grosses vagues, on s'accroche au gros anneau de la jetée et le but est de resté accroché malgré la vague passant par-dessus. J'ai pas mal mangé de sable ce jour là!^^
- le deuil : Le seul qui m'a toujours été pénible, celui de ma Grand-mère paternelle, ma danseuse au grand coeur. Je la porte toujours en moi, et cette absence-présence m'emplit et me vide le coeur en même temps
- le sang : Je m'ouvre les veines à treize ans avec un cutter . Je suis stupéfaite qu'il faille tailler aussi profond pour que le sang coule. La douleur aussi me surprend: à la TV, dans les films on parle toujours de la douleur psychologique, mais jamais de celle physique.
- les maisons étrangères : le moment le plus dur dans une maison étrangère pour moi a toujours été le matin. Ayant hérité des gènes de poule parentaux je suis toujours levée avant mes amis et je ne sais pas comment m'occuper. Je n'ose pas errer dans la maison sans y être invitée, et ne suis pas encore assez réveillée pour pouvoir bouquiner alors je reste là, comme un éléphant dans un magasin de porcelaine , immobile et aux aguets.
- la fièvre et le sommeil : Je suis allongée sur le lit de ma grand-mère , dans sa chambre et j'ai froid et chaud en même temps. Elle me pose des gants mouillés sur le front pour me rafraîchir pendant qu'elle chantonne doucement jusqu'à ce que le sommeil revienne.
Catalogue d'inventaires II/III -a
VIII - DES JEUX OUBLIES
- J'ai beaucoup joué avec des élastiques chafouins et une corde rose fluo
- Pigeon-vole avec ma grand-mère lors d'interminables parties
- faire des potions magiques ingoûtables (mais si, le produit vaisselle et la moutarde ça va très bien ensemble. Vous m'excuserez de ne pas en prendre, c'est pour vous en laisser d'avantage...)
- des boules et des personnages en pâte à marron râpée sur les murets en béton de l'école
IX - DES PROCES-VERBAUX D'HUISSIERS AVANT SCELLES
A part dans les séries TV, je n'y ai jamais assisté
X - DES OBJETS ET PAPIERS QUE VOUS PORTEZ SUR VOUS (POCHES ET SACS A MAIN)
- une bouteille d'eau d'1l (avant je prenais 1,5l, mais c'est un peu la galère pour trouver des sacs où ça rentre qui restent féminins
- mon portefeuille en cuir noir et souple, tout doux sous les doigts
- mon agenda rouge, au cas où j'écope d'un emploi du temps de ministre (on ne sait jamais... lol)
- mon stylo préféré: noir, à bille, avec un manche torsadé en bois teint en noir
- un livre en cours de découverte ou de re-découverte(en ce moment , c'est "Beloved" de Toni Morrison) avec un joli marktapaj assorti.
- un ou deux canifs à lame rétractable
- un paquet de mouchoirs
- mon portable aux couleurs de Samaïhn accompagné de son petit lutin gardien
- du baume à lèvres fait maison au bon goût de miel à l'orange
- mes lunettes de soleil, car les yeux du piti piaf n'aiment pas la lumière
- un petit miroir tout rond et tout brillant dans sa pochette rose fuschia
- un tube de crème pour les mains, un coupe-ongles et un coupe-envies
- un titre de transports ou des papiers de balai à moteur, c'est selon
15 avril 2008
Catalogue d'inventaires I/III
I/ DES OBJETS PERDUS
- Un bracelet en spirale doré offert par mon père quand j'avais 8 ans, et que je gardais précieusement dans ma boîte à bijoux laquée bordeaux avec un arbre doré sur le couvercle, sur l'étagère en bois au-dessus de mon lit. Un jour il a disparu sans que j'y ai touché. Quelques jours après, il est réapparu, accompagné de son sosie. Tout le monde a persisté à me dire que j'en avais toujours eu 2, mais je sais que c'est faux...
- Un nombre incalculable de chaussettes célibataires sur plusieurs années. A ce jour, je n'ai jamais résolu l'énigme du fantôme mangeur de chaussettes qui sévissait chez mes parents. Ce n'est pas un problème récurrent puisque chez moi je finis toujours par retrouver celles qui manquent à la lessive suivante!!!
- Une boucle d'oreille en pierre de lune offerte mar mon homme (la paire, hein!) et qui me plaisait beaucoup. Lors d'une soirée, j'ai ôté mon pull et je ne m'en suis pas rendue compte tout de suite. Par la suite, c'était trop tard, évidemment!
II/DES LIEUX INHABITABLES
- Un appartement trois pièces dont l'énergie résiduelle serait comparable à une eau croupie depuis des années. Je ne m'y suis jamais sentie chez moi, toujours en visite. A house yes, but no such home!
- Un studio, dont "le monstre" détenait le monopole
- Un ancien collège royal tellement chargé de souvenirs vivants et morts qu'à la tombée de la nuit, seule, c'est intenable...
III/DES PETITES INJUSTICES SUBIES PENDANT L'ENFANCE
- Je suis au collège et je suis amoureuse de F. depuis plusieurs années mais il s'en moque complètement. Des petites connes désoeuvrées et cruelles s'amusent à me faire croire que je l'intéresse et je me retrouve à l'attendre lors d'un pseudo-rencard où il ne viendra jamais. Visiblement, je devais avoir la tête de l'emploi, puisqu'elles ont persévéré les années suivantes (mais je n'ai pas marché).
- Collège toujours: au retour d'un échange franco-belge lors duquel je m'étais bcp amusée, ma prof d'allemand me sort : si tu ne t'y étais pas plu, ça ne servait à rien d'y aller... Je n'ai jamais compris.
- Une colonie de vacances itinérante Espagne-Portugal. j'essaie de dormie dans le car pendant le trajet, mais mon voisin de derrière passe son temps à me taper dessus et à me cracher sur la tête. J'ai encore une peur panique de sortir de ma coquille, je ne dis rien et j'encaisse.
IV/DES PLAIES ET DES BOSSES
- J'ai un an et mon grand-frère me referme une porte sur le doigt, qui est tranché en deux. Je n'en ai aucun souvenir, mais on me l' a raconté souvent
- Je dois avoir 7 ans environ, et lors d'un tour de manège, je tombe sur les dents de devant. Elles ne se sont pas cassées, mais depuis elles ont la tremblote.
- Colonie de vacances, j'ai dix ans. On chahute dans les chambres et je donne un coup de pied dans un lit. Mon pied se met à pisser le sang, mais je ne réalise pas tout de suite que je me suis ouvert. Je n'ai pas super mal, mais je suis vachement impressionnée qu'on ne me recouse pas (on m'a juste mis des straps).
V/DES MOMENTS HEUREUX SANS RAISON
- Je suis sur le quai de la gare de C, et j'attend mon train matinal pour partir bosser, musique dans les oreilles. Je me tourne face au soleil même s'il chauffe peu en cette saison hivernale, et je me sens emplie de lumière. J'ouvre les yeux et dès que je pose mon regard sur une touffe de verdure, une vision se matérialise qui me connecte au Rêve.
- Un après-midi, le chat en pension, un henné sur la tête, une théière pleine à ma gauche, et Femmes qui Courent avec les Loups à ma droite que j'ai enfin trouvé le temps de rouvrir pour travailler dessus. Le temps s'arrête.
- J'ai 11-12 ans, dans la grande demeure familiale et je pars à la recherche de secrets d'alcôve et trottinant de pièce en pièce pour apprendre ce que "les grands" me cachent. Car il y a forcément des mystères inavouables et passionnants, sinon pourquoi m'aurait-on interdit de fouiner...
VI/DES PREMIERES FOIS
-Premier concert de piano, j'ai huit ans et je suis très fière. Pour une fois je suis la vedette.
- Première fois que je me fais sérieusement draguer. J'essayais de faire un jeu de regards discret mais suggestif (c'est à dire pas du tout discret! lol ) quand l'intéressé s'assied en face de moi et commence à me parler: mon coeur bat super vite, j'ai trop chaud, je sens un frisson d'adrénaline intense et excitant et je trouve les lacets de mes chaussures subitement passionnants...
- Première coupe de cheveux perso, vers 7-8 ans. Après mon bain je taille de très longues mèches avec des ciseaux à ongles que je cache derrière l'armoire de toilette, persuadée que personne ne se rendra compte de rien. Au dîner, ma mère passe la main dans mes cheveux et s'aperçoit que ça ne va pas plus loin que la nuque. Scandale: mon père ne me parlera pas pendant trois jours; ma mère me comprend mais n'ose pas prendre parti devant mon père. Moi je suis satisfaite, comme si j'avais remporté la bataille du siècle...
VII/ DES MOTS QUI SEMBLENT CACHER UN SECRET
-amaranthe
- escarboucle
- fiole
- anathème
- bleu
- chemin
- moumoute astrale
- lame
- chevelure
- oniromancie
Exercice tiré du livre : Le Nouveau magasin d'écriture, Hubert Haddad, Zulma ]








